dimanche 24 mars 2013

Roger Lapierre, 1926-2013






Roger Lapierre était le fils de Georges et de Yvonne Demers. Il était né à Saint-Hyacinthe le 4 janvier 1926, avait été baptisé à la cathédrale le même jour. 

Son père avait été facteur d'orgue chez Casavant avant de devenir ébéniste. C'est lui qui plus tard lui a appris son métier. 

Le 19 juillet 1952, il épousait Thérèse Desnoyers, fille de Jean-Baptiste-André et Exilia Croisetière à Sacré-Coeur-de-Jésus de Saint-Hyacinthe. 

C'était un ébéniste de grand talent, perfectionniste, patient, ingénieux, qui a beaucoup oeuvré tant pour les particuliers que pour les communautés religieuses.

Le 12 janvier 2013, il décédait à l'hôpital Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe. Les funérailles ont eu lieu le 19 janvier à l'église Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe et l'inhumation au cimetière de la cathédrale.

C'était mon beau-père.




Roger Lapierre avait une passion, les autos antiques. Sa préférée était sa Ford Modèle T, 1923


Il l'avait dénichée dans une grange, enfouie dans la paille et la bouse de vache, les sièges remplis de nids de guêpes. Ç'avait été le coup de foudre : imaginez, une Ford modèle T 1923. Elle lui avait rappelé une virée qu'il avait faite à New York avec ses copains à la fin des années 1940 dans une Ford comme celle-là, justement.

Pendant des années, patiemment, soigneusement, tendrement, il l'avait remontée avec des pièces d'origine ou des pièces authentiques. Elle a gagné bien des prix, sa Ford T.

Dans les occasions officielles de nos vies, nous l'attendions; nous savions qu'elle serait là, enrubannée ou fleurie, avec des airs de fête ou de célébration.


Hier, quand nous sommes arrivés à l'église pour les funérailles de beau-papa, elle était à la porte de l'église, sous une toile qui battait dans le vent et la tempête. Ça commandait le respect, un respect droit qui oblige à lever les yeux. À mesure de notre arrivée, nous cherchions tous à nous protéger du vent, de la neige qui nous grafignait les yeux, mais nous restions figés, tétanisés par elle.



Nous entendions beau-papa dire : s'il fait pas beau, on l'apportera sur une plate-forme. La plate-forme se tenait là, un peu à l'écart.



Quand nous avons été déposer les cendres de beau-papa au cimetière, cette belle dame était arrivée avant nous tous, et encore une fois dans le vent tonitruant, dans cette foutue neige et ce froid pinçant, elle était là. Elle s'était faite éblouissante, débarrassée de sa toile protectrice, solennelle et magnifique, montée sur la plate-forme pour mieux voir, pour accompagner son vieil ami.






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