samedi 16 mars 2013

À quel moment enterrait-on les morts de l'hiver?



Il est rare qu'un rédacteur indique au registre que les morts de l'hiver, déposés au charnier avant que la terre ne dégèle suffisamment pour permettre de creuser, ont été finalement enterrés. Normalement, en hiver, la date des funérailles ou de la cérémonie religieuse servait de date de sépulture et l'on ne jugeait pas nécessaire d'apporter de plus amples précisions.

Mais en 1906, le curé de Maniwaki, lui, fournit l'indication.


Les vingt et un et vingt deux mars mil neuf cent six, nous, prêtre soussigné, curé de Maniwaka, avons inhumé dans le cimetière de cette paroisse tous les corps qui avaient été déposés dans le charnier de la même paroisse depuis le commencement de la saison d'hiver. Etaient présents Joseph Leclerc, Joseph Beaulieu, Israel Danis, Narcisse Archambault qui ont déclaré ne savoir signer.
G. Bellemare, ptre, o.m.i.


Photos : la grotte de Saint-André-Avellin et le charnier de Saint-Antoine-sur-Richelieu, Ruth Major Lapierre

Ajout du 18 mars 2013

Un anonyme a écrit pour signaler que l'acte ne provenait pas de Maniwaki : «Les indications relatives à cet acte sont erronées; il ne s'agit pas de cette paroisse. Une correction serait appréciée.» Pour vous donc, cher Anonyme, voici la page complète :



Ajout du 18 mars 2013 bis

Mon correspondant Anonyme m'a écrit à nouveau. Il a la gentillesse de s'excuser. Puis il a ajouté : «Par ailleurs, il est étonnant que cet acte est placé entre un acte de baptême daté du 19 avril et un acte de sépulture daté du 21 mars.» 

Je n'avais pas parlé de ce fait pour deux raisons. Tout d'abord, la première sépulture dans la terre date des mêmes jours : 21 et 22 mars 1906. J'ai vérifié qu'à compter de ce moment-là les inhumations étaient toutes faites directement dans la terre. Comme c'était le cas, je me suis dit qu'il y ait eu erreur de datation ou pas, dès la fin du mois de mars la terre du cimetière de Maniwaki était dégelée. L'erreur réelle ou pas du rédacteur n'enlève rien au contenu au contenu.

Dans un deuxième temps que je me suis rappelé que les oblats de Marie, depuis leur arrivée en 1841, devaient s'occuper de veiller à l'évangélisation des Algonquins nomades partis des environs d'Oka venus s'établir dans la région; visiter la multitude de chantiers établis dans les forêts; et faire vivre les nouvelles paroisses qui apparaissaient au fur et à mesure que s'installaient les colons et les entreprises forestières. Compte tenu de ces circonstances, il n'est pas étonnant qu'un rédacteur ait mal placé des actes. 

Cette décision de ne pas parler de la datation n'enlevait à mon point de vue pas de contenu à mon propos.

(Source : Collectif, Album souvenir, 150e anniversaire de Maniwaki, 1851-2001, Maniwaki, 2001.)


1 commentaire:

  1. C'est très intéressant ça.. Mes parents m'avaient parlé de cette coutume car en hiver on ne peut pas creuser dans la terre gelée.

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